Rapport d'enquête sur la situation de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes dans la crise économique et financière et sur les conditions ... de leur sauvegarde et de leur développement

Rapport d'enquête sur la situation de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes dans la crise économique et financière et sur les conditions ... de leur sauvegarde et de leur développement

Titre de livre: Rapport d'enquête sur la situation de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes dans la crise économique et financière et sur les conditions ... de leur sauvegarde et de leur développement

Éditeur: Assemblée nationale - Bibliothèque parlementaire


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Rapport d'enquête sur la situation de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes dans la crise économique et financière et sur les conditions ... de leur sauvegarde et de leur développement

La sidérurgie et la métallurgie sont souvent abusivement présentées comme appartenant à l’univers des « vieilles industries ». Cela est faux. Ces activités dont les propriétés techniques des produits progressent sans cesse irriguent de nombreuses filières. L’aéronautique, l’automobile, les transports en général, le nucléaire, les câbles, sans oublier la construction ont absolument besoin d’un approvisionnement de qualité que leur assurent précisément en amont la sidérurgie et la métallurgie. Ces activités sont très diversifiées. Dans les alliages, par exemple, elles relèvent de secteurs « de pointe ». La commission d’enquête s’est évidemment intéressée aux aciers mais également à la production et à la transformation de l’aluminium, sans oublier la filière du cuivre. Elle insiste particulièrement sur la nécessité de conserver une indépendance technologique à notre industrie dans des secteurs clés pour lesquels l’effort d’innovation et de recherche est un enjeu majeur de compétitivité. Notre pays dispose d’outils industriels de grande qualité et d’un savoir-faire souvent exceptionnel auxquels il convient d’ouvrir de véritables perspectives. Il est regrettable qu’au cours des deux dernières décennies, cet impératif industriel ait été insuffisamment perçu. Des pans entiers de la sidérurgie et de la métallurgie sont d’ailleurs tombés entre les mains d’intérêts étrangers ; à lui seul le groupe Mittal a ainsi pu acquérir plus de 70 % de l’activité sidérurgique française. Après l’éclatement de ce qui a été une véritable multinationale française, le groupe Péchiney, les activités de l’aluminium ont également fait l’objet d’acquisitions par des entreprises étrangères. Dès lors que les centres de décision ne sont plus en France, les usines deviennent en droit ou en fait des filiales de groupes multinationaux. Ils les considèrent souvent comme de simples centres de profits de court terme faisant en conséquence l’objet des arbitrages les plus brutaux au titre de stratégies mondialisées à dominante financière. Il est urgent de renouer avec une politique industrielle digne de ce nom. L’attitude du groupe ArcelorMittal dans l’affaire de Florange est révélatrice à bien des égards. Le gouvernement entend reprendre la main et a créé des instruments de reconquête, comme la Banque publique d’investissement. Un consensus national doit conforter une telle réorientation de l’action publique. Il est néanmoins absolument nécessaire que la France accentue encore sa pression au sein de l’Union européenne pour que certaines des politiques communautaires, notamment dans les domaines de la concurrence et de l’énergie, soient profondément révisées afin de désormais soutenir et non pas entraver la compétitivité d’industries souvent confrontées au dumping de pays tiers. L’Europe doit se doter de pouvoirs qui traduisent sa volonté d’un réarmement industriel.

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Notre pays dispose d’outils industriels de grande qualité et d’un savoir-faire souvent exceptionnel auxquels il convient d’ouvrir de véritables perspectives. Il est regrettable qu’au cours des deux dernières décennies, cet impératif industriel ait été insuffisamment perçu. Des pans entiers de la sidérurgie et de la métallurgie sont d’ailleurs tombés entre les mains d’intérêts étrangers ; à lui seul le groupe Mittal a ainsi pu acquérir plus de 70 % de l’activité sidérurgique française. Après l’éclatement de ce qui a été une véritable multinationale française, le groupe Péchiney, les activités de l’aluminium ont également fait l’objet d’acquisitions par des entreprises étrangères. Dès lors que les centres de décision ne sont plus en France, les usines deviennent en droit ou en fait des filiales de groupes multinationaux. Ils les considèrent souvent comme de simples centres de profits de court terme faisant en conséquence l’objet des arbitrages les plus brutaux au titre de stratégies mondialisées à dominante financière. Il est urgent de renouer avec une politique industrielle digne de ce nom. L’attitude du groupe ArcelorMittal dans l’affaire de Florange est révélatrice à bien des égards. Le gouvernement entend reprendre la main et a créé des instruments de reconquête, comme la Banque publique d’investissement. Un consensus national doit conforter une telle réorientation de l’action publique. Il est néanmoins absolument nécessaire que la France accentue encore sa pression au sein de l’Union européenne pour que certaines des politiques communautaires, notamment dans les domaines de la concurrence et de l’énergie, soient profondément révisées afin de désormais soutenir et non pas entraver la compétitivité d’industries souvent confrontées au dumping de pays tiers. L’Europe doit se doter de pouvoirs qui traduisent sa volonté d’un réarmement industriel.La sidérurgie et la métallurgie sont souvent abusivement présentées comme appartenant à l’univers des « vieilles industries ». Cela est faux. Ces activités dont les propriétés techniques des produits progressent sans cesse irriguent de nombreuses filières. L’aéronautique, l’automobile, les transports en général, le nucléaire, les câbles, sans oublier la construction ont absolument besoin d’un approvisionnement de qualité que leur assurent précisément en amont la sidérurgie et la métallurgie. Ces activités sont très diversifiées. Dans les alliages, par exemple, elles relèvent de secteurs « de pointe ». La commission d’enquête s’est évidemment intéressée aux aciers mais également à la production et à la transformation de l’aluminium, sans oublier la filière du cuivre. Elle insiste particulièrement sur la nécessité de conserver une indépendance technologique à notre industrie dans des secteurs clés pour lesquels l’effort d’innovation et de recherche est un enjeu majeur de compétitivité. Notre pays dispose d’outils industriels de grande qualité et d’un savoir-faire souvent exceptionnel auxquels il convient d’ouvrir de véritables perspectives. Il est regrettable qu’au cours des deux dernières décennies, cet impératif industriel ait été insuffisamment perçu. Des pans entiers de la sidérurgie et de la métallurgie sont d’ailleurs tombés entre les mains d’intérêts étrangers ; à lui seul le groupe Mittal a ainsi pu acquérir plus de 70 % de l’activité sidérurgique française. Après l’éclatement de ce qui a été une véritable multinationale française, le groupe Péchiney, les activités de l’aluminium ont également fait l’objet d’acquisitions par des entreprises étrangères. Dès lors que les centres de décision ne sont plus en France, les usines deviennent en droit ou en fait des filiales de groupes multinationaux. Ils les considèrent souvent comme de simples centres de profits de court terme faisant en conséquence l’objet des arbitrages les plus brutaux au titre de stratégies mondialisées à dominante financière. Il est urgent de renouer avec une politique industrielle digne de ce nom. L’attitude du groupe ArcelorMittal dans l’affaire de Florange est révélatrice à bien des égards. Le gouvernement entend reprendre la main et a créé des instruments de reconquête, comme la Banque publique d’investissement. Un consensus national doit conforter une telle réorientation de l’action publique. Il est néanmoins absolument nécessaire que la France accentue encore sa pression au sein de l’Union européenne pour que certaines des politiques communautaires, notamment dans les domaines de la concurrence et de l’énergie, soient profondément révisées afin de désormais soutenir et non pas entraver la compétitivité d’industries souvent confrontées au dumping de pays tiers. L’Europe doit se doter de pouvoirs qui traduisent sa volonté d’un réarmement industriel.